Tout Faux, roman contre la censure politique

Un écrivain dérangeant du Maine et Loire sous la
censure politique du député de Beaufort en Vallee

TOUT FAUX EN MAINE ET LOIRE CONTRE LA CENSURE
Chapitre I A tombeau ouvert vers le livre,
A livre ouvert vers le tombeau.
Chapitre II Quelle curieuse impression que ce sentiment de soumission douce qui émanait de cette femme qui, sans qu'un son ne fut prononcé, cherchait à  se faire pardonner un rien et qui y parvenait sans mot dire, juste par la caresse virtuelle de son regard et la gaieté subtile et presque naïve qui prenait sa source dans ses dents blanches alignées jaillissant au milieu de sa bouche entr'ouverte qui soulignait deux petites pommettes bronzées et un nez racé ! Chapitre III Tout participant à  la compétition qui oserait entraver ma route vers le podium, se verrait voué aux gémonies, agonir de noms d'oiseaux et honnir d'imprécations sulfureuses et incantatoires pour lui et ses sept descendances, morte-couille ! Quel looser a eu la stupidité de dire un jour : " L'important, c'est de participer " ? Non, décidément non, l'important c'est de gagner. Ambiance !!! Chapitre IV La vie est comme un nid de fourmis dans lequel le destin s'amuse à  shooter avec malice. Sous une apparence de désordre chaotique, une nouvelle communauté finirait bien par se reconstruire. Chapitre V Pour le commun des mortels, ceux dont la pensée est montée en kit, avec schéma et livret d'utilisation standards, les adeptes du prêt-à-penser, les réactionnaires incapables de réagir, les marionnettes de l'opinion, les gens dans leur immense majorité quoi ! , tromper son conjoint est synonyme d'avoir une relation sexuelle avec une personne non couchée dans le contrat de mariage. Quelle ignorance des soubresauts de l'âme, quel mépris de la vérité première, celle qui consiste à  ne pas se défiler de soi-même, quelle mascarade d'oser penser cela ! Non ! Décidément non ! La conscience morale connaît précisément l'instant où l'on commet, sciemment et par inhibition de toute résistance, la félonie conjugale. Chapitre VI Lorsque j'étais assis dans l'obscurité de la salle, tapis au fond d'un fauteuil et ne ratant rien de tout ce qui se passait, elle lançait à  tout bout de champs vers moi, me trouvant instinctivement dans le noir, son regard enjôleur et câlin, alors même que par jeu, et pour vérifier sa capacité à  retrouver son protégé, je me déplaçais furtivement dans le théâtre. Chapitre VII Pour Édith
Qui ne peut pas imaginer
Tout ce qu'elle a pu me donner
Par son rôle endiablé
Que j'adore
Charles
Chapitre VIII Malgré la brutalité imprévisible des réponses que je reçus, mais il faut bien l'admettre, tout à  fait justifiées, eu égard aux multiples coups de boutoir que j'avais assénés au bastion de sa forteresse, mon but fut atteint - comme si la tarte éponyme que je me pris en pleine poire se transformait en pomme de discorde - en cela que je connaissais maintenant les limites qu'il ne me faudrait franchir qu'avec prudence, et que j'avais réussi à  établir un échange soutenu durant les deux jours habituellement dévolus à  sa vie familiale. Chapitre IX Au fait, quand tu écris Édith avec un rond sur le i, c'est quoi ? Ce rond parfait cherche à  faire croire à  la pureté de tes sentiments ? Est-ce la représentation d'une citadelle imprenable ? Est-ce du tape-à -l'oeil pour fausser les pistes, on ne voit plus que le rond ? Est-ce que c'est une temporisation dans l'écriture de ton prénom pour dire " attention, c'est moi, prenez le temps de m'aimer " ? Je sais pas (encore). Tu peux me dire si tu te rappelles à  quel âge et lors de quel évènement de ta vie, tu as commencé à  faire les ronds sur les i ? Chapitre X Je disparus sans même me retourner. Je ne voulais pas revoir le visage d'Édith. C'était le 1er mars 2003 et je m'en rappelle comme du jour de ma première mort. Chapitre XI Le problème d'Édith était qu'elle jouait beaucoup sur les apparences et rien ne laissait apparaître sur son visage souriant ni dans ses actes de la vie au quotidien, qu'elle était prête à  craquer nerveusement. Un volcan aux fumeroles inquiétantes, prévient ! Elle, pas.
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Tu as construit une muraille autour de toi, pour m'empêcher d'entrer. T'as pas fait gaffe et tu m'as enfermé à  l'intérieur. Je veux en sortir ; comme dans Pink Floyd The Wall, je veux casser le mur. Je me tire, je fais le mur, et à  défaut de me faire la Belle, je me fais la belle.
Chapitre XII " Comment tu vois l'avenir ? " commença-t-elle.
- Après September Song, j'essaierai de m'inscrire à  un cours de comédie " répondit-il.
" C'est pas à  ça que je pensais !
- J'aimerais que la prochaine pièce laisse une place encore plus grande au jeu d'acteur.
- Arrête de te défiler, réponds s'il te plaît.
- Au fait, ça te plairait qu'on apprenne ensemble à  jouer, tu pourrais peut-être te libérer pour les cours.
- J'aimerais bien, mais cesse de jouer la comédie, réponds si tu oses.
- Tu as raison, osons ! Je vois l'avenir heu... dans tes mains ; montre-les moi ! "
Elle lui tendit ses mains qu'il serra tout en les caressant.
Chapitre XIII Édith, mail
" Je me demande si ce que tu aimes chez moi, c'est pas mes réactions énergiques et si jamais tu me sens plus cool, tu vas te lasser ?????? Qu'en penses-tu ? "

Charles, mail
" Toutes les petites choses de toi que les jours qui passent me font découvrir, je les aime. J'ai si peur de l'avenir que demain je vais t'envoyer un petit scénario catastrophe dans lequel je vois le futur en noir ; je t'en avais parlé hier. "
Chapitre XIV " Bonjour Édith,
J'espère que votre journée sera remplie de joie. Je voulais que vous sachiez que votre présence me fait cruellement défaut et que ne pas sentir près de moi votre tendre personne ruine mon moral autant qu'il le serait s'il venait à  apprendre la perte d'un être chéri. J'ose espérer que vous aurez la tendresse de me faire quelque billet numérique en matinée, car cela représente le goutte à  goutte essentiel qui me tient en vie. Madame, je vous aime. "

" Monsieur, votre billet me ravit le coeur et je ne pouvais pas en imaginer moins de votre part. Votre présence enflamme mes pensées les plus douces et les plus érotiques. Loin de vous, je me meurs, près de vous, je meurs de plaisir, que la vie est cruelle, comment peut-elle séparer les amants qui s'aiment ?
Je vous ferai parvenir quelques doux messages pour enflammer votre coeur et pour vous dire, Monsieur JE VOUS AIME. "
Chapitre XV Quand je prenais son visage entre mes mains, je ressentais une grande douceur en même temps qu'une intense sensation de chaleur montait en moi. Pas une seule fois parmi les centaines de fois où je lui ai tenu le visage pour l'embrasser, je le fis par habitude, sans vivre l'instant à  cent pour cent, sans ressentir un bonheur non réfréné m'envahir. Chapitre XVI Dès le début de notre liaison, avant même que nous ayons des rapports physiques, j'avais dit à  Édith en toute sincérité que ce que j'aimais chez elle n'était pas uniquement ce qu'elle était mais, plus encore, ce qu'elle deviendrait. Ce genre de phrases n'était pas très clair, ni pour elle, ni pour moi d'ailleurs, mais je sentais, au plus profond de moi, le potentiel de développement, de vie et de liberté qui sommeillait dans le coeur de ma chérie. Chapitre XVII Je ne reconnaissais plus Édith. Elle était littéralement métamorphosée. Je mesurais, à  cette époque, les risques immenses que je prenais, car une fois qu'elle se serait sentie complètement indépendante, ne me jetterait-elle pas ? Il était clair que, en connaissance de causes, j'acceptais de prendre le risque, par amour infini pour ma chérie et également parce que je me disais que s'il lui venait l'envie de s'émanciper complètement de ma personne, c'était qu'elle ne m'aimait pas et donc que notre recherche d'amour absolu n'aurait plus eu de raison d'être Chapitre XVIII Mais ces restes de vie sont imputrescibles et ils se reconstitueraient bien vite, nourris par quelque parole un peu tendre et scrupuleuse du love killer de service de ses vices de sévices, pour faire renaître un nouvel amour cicatrisé un peu plus qu'à  la dernière barbarie, puis repartir dans un nouveau cycle destructeur. Chapitre XIX Steven,
Tu ne me connais pas mais j'ai le triste privilège, bien malgré moi, de tout savoir de toi. Aujourd'hui ma souffrance est trop grande et je fais acte de contrition en me confiant à  toi. Le fardeau est trop lourd, je ne peux plus supporter de te faire du mal. Je dois écrire.
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Monsieur le Directeur,
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Vous avez bien aidé Édith, qui n'était pas commerciale pour deux sous, - envoûteuse, enjôleuse certes, mais au vernis craquelant - en ne lui parlant pas de technique métier mais de course à  pied et de bonne forme à  l'âge de cinquante ans. Je dois vous avouer que parfois nous trouvions cela affligeant et ces " vous allez courir dimanche ? " qui revenaient sans cesse dans vos propos, nous semblaient d'un puéril qui nous faisait nous inquiéter quant à  vos motivations réelles.
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Chapitre XX Quel était le prix à  payer pour cette passion qui n'était pas celle d'un jour ? Combien de temps aurait-il fallu supporter cette croix ? Je ne le savais pas encore mais j'avais conscience que le supplice durerait. Chapitre XXI Puisqu'il ne me reste plus que les souvenirs, et comme je n'ai pas confiance en la mémoire qui oublie ou altère la vision du passé pour l'adapter aux sons de ses propres sirènes, je n'ai d'autre recours que de les écrire tant que leurs cadavres sont encore tièdes, puis de les relire et les relire sans cesse pour que le bonheur que j'ai vécu avec Édith et qui a engendré le pire désastre, le trou noir qui engloutit toute la matière, mon soleil le pire des astres, que le bonheur reste gravé à  jamais comme un témoignage universel au monde et à  moi-même, comme une preuve de son existence. Chapitre XXII " Je suis assis à  une table au bord de la fenêtre dans un bar, place Jeanne de Laval. Le verre cathédral de la devanture me fait apparaître le dehors avec des lignes floues et des couleurs verdâtres, comme au travers d'un kaléidoscope. Le mouvement des gens qui circulent à  l'extérieur semble saccadé et les rares rayons de soleil de mars qui dardent au travers d'un ciel chargé, illuminent les pierres blanches et froides de l'église. Je ne sais plus si cette vision floue du monde injuste est le fait du verre impur ou des larmes que je n'arrive pas à  contenir.../... Chapitre XXIII J'avais l'impression que l'accession au bonheur n'était pas un long fleuve tranquille mais, pour le moment, nous nous étions retrouvés et coulions des heures heureuses au fil de l'eau du Nihil. Chapitre XXIV Édith, 8h28
" J'ai une solution à  notre histoire pour que tu ne subisses plus mes bizarreries et que tu ne souffres plus. Cette fois, c'est moi qui vais rabattre ma fierté et qui vais prendre des risques et je peux te dire que ce que je vais faire pour toi sera une preuve d'amour. Je t 'aime. "

Charles, 8h28
" C'est quoi ? "
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Chapitre XXV Elle se glissa dans mon lit chaud et nous nous sommes enlacés pour enfin nous endormir, ... pour une petite demi-heure de bonheur onirique. C'est fou ce que je pouvais adorer sentir son corps endormi dans mes bras et entendre le souffle agité de sa respiration saccadée de femme stressée. J'avais le sentiment de protéger un être tendre et que plus jamais personne ne nous séparerait. Mille huit cents secondes de bien-être : le luxe de la luxure. Chapitre XXVI Édith passa, grâce à  mes petites attentions mesquines, une nuit atroce de jalousie et le lendemain matin, le mercredi 14 juillet, je la retrouvai devant chez moi, en pleurs, grillant clope après clope comme elle le faisait lorsqu'elle était au paroxysme de son énervement.
Tous droits réservés Claude Pichereau