A LA UNE

Aviatrice prodige à 17 ans
page 2


PORTRAIT

Anastasia veut être pilote de chasse

Anastasia ne perd pas de temps. Bachelière et pilote d’avion à 15 ans, elle s’est lancée dans la voltige l’année suivante. Elle vient d’avoir 17 ans et veut devenir pilote de chasse. Rencontre à l’aérodrome d’Angers-Marcé.
Elle a un prénom de princesse russe, mais ne vous y fiez pas. Anastasia Pichereau ne rêve pas de longues robes et de rivières de diamants. Cette jeune angevine veut être pilote de chasse. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle n’est pas mal partie dans cette voie difficile et périlleuse où les femmes ne sont pas plus nombreuses que les pales d’une hélice.
Bachelière à 15 ans, Anastasia a effectué son premier vol solo cette même année, avant de se lancer dans la voltige. Et alors qu’elle vient de souffler ses 17 bougies, elle se prépare à débuter en compétition dans le sillage de son père. Son père, justement, c’est à lui qu’elle doit cette attirance irrésistible pour ce qui vole. « Il pilote depuis cinq ans. Il a toujours été intéressé par les avions, mais cela lui paraissait inaccessible. Au départ, je n’étais pas forcément attirée. Mais c’est venu à force de voir mon père piloter, m’emmener en avion. Il me laissait prendre les commandes et ça m’a plu. »

« Plus j’avance, plus la passion est forte »

Le moteur était lancé. Et il n’a jamais calé depuis. « J’ai commencé à la fin de mes 14 ans pour passer le brevet de base à 15 ans. » La voltige suivra dans la foulée, toujours à cause du papa.
« Je l’ai accompagné à des compétitions, j’ai adoré. La voltige, ce n’est pas pareil. On est vraiment dans les trois dimensions. Ca offre des sensations impressionnantes et ça permet de voir la terre et le ciel dans tous les sens. Je vais essayer de passer le premier cycle de voltige au printemps. Et si je peux débuter la compétition cet été, je le ferai. »
La tête sens dessus dessous, d’accord. Mais les pieds sur terre. Elève en Maths Sup’ au lycée Saint-Martin d’Angers, Anastasia est aussi une bûcheuse qui ne sèche pas les cours pour se rendre à l’aéro-club d’Angers-Marcé. « Je commence à me renseigner sur les concours. Dès que je vois un avion de ligne qui passe très haut, ça me fait quelque chose. Mais faisant de la voltige, je préférerai la chasse. Ca bouge plus. Si je suis prise dans l’armée, j’y vais. Ca ne me fait pas peur. Et, en plus, ça m’attire ce milieu-là. » explique ce petit bout de femme d’apparence timide, mais qui paraît si sûre d’elle quand elle parle de cette passion peu commune pour une si jeune fille. « Les gens sont surpris que je sois déjà pilote en aéro-club. Et quand je leur dis que je veux en faire mon métier, ils trouvent cela inaccessible. Mais plus j’avance, plus la passion est forte. »
Bref. Ne soyez pas surpris d’apprendre un jour qu’une certaine Anastasia Pichereau, pas princesse pour un sou, a intégré l’élite des chevaliers du ciel.
Jean-Charles STASI

La Nouvelle République du 10 janvier 2006