Claude Pichereau sera aujourd’hui dans sa commune de naissance pour présenter son livre « Tout faux ». Il revient sur la genèse de cette œuvre intime.



Claude Pichereau a 45 ans et a passé toute son enfance à Mamers. Pilote de voltige aérienne, rien ne le prédestinait à débuter une carrière littéraire.
Rien, si ce n’est la passion pour les livres qu’il nourrit depuis l’enfance et un désir tenace. « Je voulais écrire depuis toujours, confie-t-il. Mais il fallait que le projet mûrisse pour que je m’y mette enfin ». Les premières lignes de son roman, Claude Pichereau les a rédigées il y a maintenant deux ans, par la force des événements de sa vie.
Une œuvre née dans la souffrance
L’histoire est celle d’un couple fusionnel, dans lequel les deux partenaires sont manipulateurs. Une relation très destructrice qui laissera derrière elle qu’un « champ de ruines stérile », comme l’indique la quatrième de couverture.
Cette histoire, l’auteur l’a vécue. « Même si c’est romancé, il y a une part d’autobiographie. D’ailleurs, au début du livre, le héros décide d’écrire un livre. C’est donc également l’histoire de la naissance de l’œuvre ».
Compte tenu des dégâts créés par la relation, on comprend que Claude Pichereau se soir jeté corps et âme dans cette aventure littéraire. « C’était thérapeutique. Ca m’a permis de tourner la page ».
200 exemplaires vendus n 15 jours
Trouver un éditeur n’a pas été facile. « Il sort 39 000 livres par an en France. Difficile de faire sa place parmi tout ça ». Ce sont finalement les éditions Bénévent qui ont sorti le roman il y a quinze jours. Depuis, l’écrivain débutant court les salons littéraires, multiplie les séances de dédicaces et soigne sa médiatisation. « Le livre démarre bien. Il s’en est vendu 200 depuis sa sortie. Dans peu de temps, il sera disponible dans toute la France ».
Pourtant, les débuts du livre n’ont pas été évidents. « C’est un livre de souffrances. Il y a eu un procès car des gens ont cru se reconnaître. Le livre original a été confisqué, j’ai dû modifier des prénoms et des lieux ».

Une adaptation au cinéma ?

Hyperactif, Claude Pichereau a déjà commencé son 2ème roman « plus gai » et prend actuellement des contacts pour adapter « Tout faux » à l’écran. « Je crois que c’est un sujet qui n’a pas été traité au cinéma. Mais il est difficile de convaincre les réalisateurs ».
Aujourd’hui, c’est dans sa ville natale que s’arrête Claude Pichereau. Il dédicacera son roman à la maison de la presse. Alors, anxieux de l’accueil que lui feront les gens qui l’ont connu ? « Pas du tout ! Au contraire, ça me fait plaisir. C’est un livre très personnel mais j’assume
».

Mathilde GOURLAY

« Tout faux », de Claude Pichereau, roman, éditions Bénévent, 218 pages, 14 euros
En dédicace à la Maison de la presse, aujourd’hui de 10 à 12 heures.

Un roman intime et dérangeant

Admirateur de Marcel Proust et de Jean-Sébastien Bach, Claude Pichereau est spécialiste des longues phrases. « Je suis encore en train de parfaire mon style. Mais je veux que, comme dans la musique de Bach, les phrases aient plusieurs voix ». De là, Claude Pichereau multiplie les phrases alambiquées et les jeux de mots (parfois douteux) qui déroutent le lecteur. Il faut passer les premiers chapitres pour vraiment se laisser prendre au roman.
Un roman qui dérange par son impudeur. Il se situe totalement dans la mouvance actuelle qui veut qu’on porte en place publique ses blessures intimes. La lecture pousse à entrer dans la vie des gens et cette intrusion est gênante, presque malsaine. Le lecteur ligérien sera d’autant plus poussé au voyeurisme qu’il est question de lieux qu’il connaît. L’imaginaire est relégué au second plan derrière le réel, par trop présent.
En outre, l’intérêt de l’œuvre réside dans la réflexion qu’elle engage, plus que dans l’écriture elle-même. Le jeu de massacre psychologique et la cruauté mentale qui va avec, font douter de la nature humaine et tendent à nous prouver que l’amour n’est que l’antichambre du malheur. On aime ou on déteste. Tout dépend de l’horizon de lecture du lecteur. Il ne saurait être question d’avis indifférent. « Accrochez-vous, chers lecteurs, ça va valser. Vienne qui voudra », apostrophe d’ailleurs l’auteur dès les premières pages.

Source : Le Maine Libre, 02/05/2005