Reconnu coupable d’appels téléphoniques malveillants et de violences morales avec préméditation, l’amoureux éconduit a été condamné à douze mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve pendant trois ans, obligation de soins et d’indemniser la victime (2.000 euros de dommages et intérêts).



Il lui est fait interdiction d’entrer en contact de quelque manière que ce soit avec la victime, ses enfants, ses employeurs et d’apparaître dans sa commune de résidence du Nord-Saumurois. Enfin, le texte du roman intitulé « Tout faux » dans lequel il retrace cette liaison volcanique, est confisqué.
Autant dire que cet enseignant en informatique a justifié, par son attitude après la rupture, le titre de son livre (La NR du 27 janvier). Devant le tribunal correctionnel de Saumur, il a persisté dans son rôle d’amoureux éconduit, justifiant l’envoi de nombreux SMS : « Cela faisait partie d’un jeu entre nous, mis en place dès le début de notre relation. Et d’ailleurs où est la liste de mes appels après la mi-juillet ? Je n’ai pas d’esprit de vengeance, je l’aime toujours. »

« Un enfer »
Mais la plaignante a décrit une tout autre réalité : « Je vis un véritable enfer. Il m’a harcelée et suivie. Il a écrit à mon employeur et lui a même adressé des effets personnels m’appartenant. Je risque de perdre mon emploi. » Son avocate Me Sophie Tubiana n’a pas mâché ses mots pour décrire le comportement de cet homme : « C’est un minable Pygmalion qui n’a plus que la volonté de nuire et de briser ce qu’il reste de la créature qui lui a échappé. Il est étouffant et jaloux parce qu’on lui a enlevé on jouet. Il a un complexe de supériorité et voulait continuer à manipuler sa victime. Il a besoin de se faire soigner. »
La substitut du procureur Karine Quilloux a développé la même analyse : « Il se comporte comme si cette femme était son bien. Il lui nie toute qualité d’être humain indépendant. »
Le défenseur du prévenu a plaidé la relaxe, et demandé secondairement un supplément d’enquête. « Cet homme a été entraîné contre son gré dans une folie amoureuse. L’élément intentionnel était-il présent dans les actes qui lui sont reprochés ? »
En définitive, le tribunal a donc déclaré le Pygmalion éconduit coupable des faits qui lui sont reprochés.
Source : Nouvelle République, 29/01/2005