Claude Pichereau écrit en recommandé avec accusé de réception au Procureur de la République de Saumur :

Monsieur le Procureur de la République,

J'ai fait l'objet, le 27 janvier 2005, d'une condamnation en correctionnel au tribunal de Saumur. J'ai fait appel de cette décision au Greffe de Saumur le 3 février 2005. J'ai, par ailleurs, déposé plainte le 15 novembre 2004 contre Madame L. pour harcèlement et dénonciation calomnieuse.

Je souhaite porter à votre connaissance, les faits suivants :
- Alors que je participais à une séance de dédicace de mon roman, aux Journées nationales du Livre et du Vin à Saumur, le 17 avril 2005, en milieu d'après-midi, un individu, prénommé Michel et travaillant pour l'entreprise Taugourdeau de Beaufort-en-Vallée est venu, avec deux policiers, me signaler que Madame L. ne faisait plus partie de la l'entreprise et me dire que je n'aurais " pas dû m'attaquer dans le roman à Monsieur Jean-Charles Taugourdeau " ; à quoi j'ai répondu que je n'étais plus concerné par la vie d'Edith L. depuis 9 mois, que je ne souhaitais rien entendre l concernant, que je n'avais aucun grief contre son employeur et u'il ferait mieux de venir s'expliquer lui-même et enfin, que le roman était une fiction dans laquelle n'apparaissait pas le nom de son employeur. Quand j'ai demandé à ce sbire, s'il l'avait lu, il m'a répondu que " non ". Cette personne m'a clairement menacé en m'indiquant, malgré tout, qu'il faisait cela dans le cadre de son travail. Les deux policiers qui étaient présents se sont excusés de venir m'importuner sur mon stand et m'ont dit : " quand un député nous demande d'intervenir, on est obligés de le faire " ! Tout ceci s'est déroulé devant de nombreux témoins que je peux faire citer le cas échéant, dont ma fille Anastasia qui a été choquée et qui s'est enfuie.

- J'ai reçu sur mon portable (06.30.31.35.42) le jeudi 21 avril 2005 à 16h31 et pour une durée de 16'51, une communication téléphonique dont le numéro n'était pas identifié. La personne s'est présentée comme étant Monsieur Neau, commandant de la Brigade de Gendarmerie de Beaufort-en-Vallée. J'ai reconnu cette voix et son intonation hésitante comme étant bien celle de Monsieur Neau à qui j'avais parlé au téléphone le mardi précédent. Voici, au mot près, la première phrase qu'il m'a dite : " il ne faut pas vous tromper de cible ; madame L. ne fait plus partie de l'entreprise de Monsieur Taugourdeau " ! A quoi j'ai répondu en interrompant mon interlocuteur : " Je n'ai plus rien à voir avec Edith L. depuis 9 mois et ne souhaite rin entendre à son sujet ", puis " pourquoi utilisez-vous ce terme de " cible ", je ne veux aucun mal à monsieur Taugourdeau ni à madame L. ". S'en est suivie une longue conversation dans laquelle ce monsieur me faisait " porter le chapeau " pour des fax et des mails malveillants envoyés à l'entreprise. Je me suis alors spontanément proposé pour l'aider, dans la mesure de mes compétences, à identifier l'origine de ces mails, travaillant moi-même avec les forces de l'ordre, sur ce genre de problèmes. J'en ai profité pour lui apprendre que beaucoup de points n'avaient pas été approfondis durant l'enquête uniquement à charge de l'OPJ Monti. Le commandant m'a, par ailleurs, confirmé que Mademoiselle Emilie C. (qui a témoigné à charge contre moi) et sa famille, comptaient parmi ses amis. Lorsque je lui ai demandé à rencontrer Monsieur Taugourdeau pour que l'on s'explique (puisqu'il n'est apparemment plus l'employeur d'Edith L.), Monsieur Neau a semblé gêné et m'a répondu qu'il ne le voyait que rarement. J'ai également demandé au commandant de brigade qu'il m'entende de façon officielle, le plus rapidement possible, car j'ai trouvé cette conversation officieuse pour le moins surréaliste. Sur le moment, j'ai pris ça pour des menaces, mais je ne peux imaginer cela de la part d'une personne aussi importante.

- J'ai fait une séance de dédicaces de mon roman à l'aéroport d'Angers Marcé le samedi 23 avril 2005. L'événement devait être couvert par la correspondante locale du Courrier de l'Ouest, Madame Aline O. résidant à Seiches. Cette personne m'a dit qu'elle avait reçu un appel téléphonique , le jeudi 21 avril 2005 vers 10h00, de la part de Monsieur Ricci, journaliste du Courrier de l'Ouest à Beaufort-en-Vallée. Lui-même avait reçu un appel de la part de madame Edith L., qui lui aurait expliqué que j'étais un malade mental, que j'étais sur le point de me faire jeter en prison et tout un tas de choses diffamantes. En conséquence, Monsieur Ricci a interdit à madame O. de couvrir la séance de dédicaces. Je suis donc interdit de presse au Courrier de l'Ouest. J'ai rencontré vendredi matin, au siège du Courrier de l'Ouest à Angers, Monsieur X, rédacteur en chef qui m'a confirmé cela.

- Je suis également interdit de colonnes dans le journal Ouest France à Angers, ayant probablement subi les mêmes égards.

- J'ai aussi eu une conversation téléphonique le jeudi 21 avril 2005 à 19h30, avec Monsieur Fabrice J. de Beaufort-en-Vallée, un ami d'Edith L. qui venait de me féliciter, par sms, pour mon livre et qui a souhaité me faire savoir qu'Edith L. et Monsieur Taugourdeau avaient officialisé leur relation lors d'une réunion aux Ponts-de-Cé. J'ai répondu que cela ne me regardait pas et qu'ils pouvaient bien faire ce qu'ils voulaient.

Si je me suis permis de vous faire part de ces faits, Monsieur le Procureur, c'est que j'ai le sentiment de subir une véritable cabale et que tout est mis en Å“uvre pour me mettre une pression insupportable afin que mon roman ne paraisse pas. Il me semble que la plainte que j'ai déposée contre Madame L. pour dénonciation calomnieuse et dont je n'ai aucune nouvelle depuis que j'ai été entendu par Monsieur Jadeau, policier à Angers, apparaisse de plus en plus fondée. Edith L. ne m'avait-elle pas dit qu'elle " ne voulait pas mais qu'elle avait été obligée de porter plainte contre moi " lorsque nous nous étions vus le 28 septembre 2004 !

Je vous en conjure, Monsieur le Procureur, faites que l'enquête progresse. Les opérateurs de téléphonie ne conservent la trace des appels que pendant un an et on m'a accusé d'appels téléphoniques malveillants sans en produire la liste. Il serait urgent (avant juillet 2005) que les enquêteurs en fassent la demande. J'ai conscience que votre temps et celui de la Justice sont précieux, mais c'est moi qui me suis fait lourdement condamné en première instance. Je ne cherche pas d'histoires et ne veux de mal à personne ; je souhaite simplement me défendre. Je suis même près à céder à ces pressions en retirant mon roman de la vente, si cela pouvait m'apporter la sécurité et ramener la sérénité. Tant pis pour la liberté d'expression. Je me demande encore pourquoi tout cela n'a pas été réglé devant un juge de proximité. Si je parviens à trouver, auprès de mes soutiens de plus en plus nombreux, les fonds nécessaires pour rémunérer un avocat, j'envisage très sérieusement de porter plainte contre X avec constitution de partie civile pour ces faits graves.

Veuillez recevoir, Monsieur le Procureur de la République, l'expression de mon profond respect.