L’amant indélicat n’a pas « tout faux »
Par Soutien à Tout Faux, mercredi 16 novembre 2005 à 22:46 :: La presse en parle :: #13 :: rss

L’amant indélicat n’a pas « tout faux »
Leur rupture avait dégénéré et l’amant en avait fait un livre, « Tout faux ». Celui-ci ne sera pas confisqué, a décidé hier la cour d’appel d’Angers.
Face aux charmes d’une jeune femme, le professeur d’université avait perdu son flegme.
Leur passion fut torride avant de se terminer devant une juridiction pénale, sur plainte de l’ex-amie.
La jeune femme s’était en effet fatiguée de son encombrant amant qui, après leur rupture, publia le récit de leur liaison dans un livre, sous le titre « Tout faux », et multiplia les SMS adressés non seulement à l’époux de la dame, mais aussi à son employeur qui eut même droit à un paquet cadeau des plus inattendu : les dessous de la dame ! Laquelle a donc poursuivi l’indélicat devant la justice pour harcèlement téléphonique.
Les SMS : des écrits, pas des paroles
En janvier dernier, le tribunal de Saumur avait condamné l’enseignant à douze mois de prison avec sursis pour appels téléphoniques malveillants et violences morales. Les juges avaient également décidé de confisquer le texte original du roman.
La cour d’appel a rendu son arrêt hier. L’attitude de l’amant délaissé est analysée comme une « violence » qui lui vaut la confirmation de 12 mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve avec obligation de soins ; et l’interdiction de venir à Baugé et à Mazé, lieu de la liaison dangereuse.
Concernant les SMS, la Cour d’appel relaxe l’amant, retenant les arguments de son avocat Me Philippe Tuffreau : « Les appels malveillants dans le Code pénal s’analysent comme des dires, des sons, des paroles ou discours transmis oralement par téléphone ». La Cour relève aussi qu’aucune enquête ou enregistrement ne permet d’apprécier le nombre et la teneur des appels en cause.
Le livre ne sera pas confisqué
Enfin, la confiscation du livre, qui fait le récit « de faits intimes et scabreux », n’est pas ordonnée. Pour un motif lié aux dates de prévention, qui couvrent des délits commis avant le 3 octobre 2004, « le livre est donc hors des poursuites ».
A l’heure de la télé-réalité, plus personne n’est à l’abri d’une mise sur la place publique de faits les plus intimes : par le biais de « blogs » sur Internet ; de photos, prises sur des portables, à l’insu des personnes ; ou de livres qui racontent par le menu la vie sexuelle de X ou Y… Drôle d’époque.
B. Chirat
Le Courrier de l’Ouest du 16 novembre 2005
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